« L’Âge de la lumière », Whitney SCHARER

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Éditions de l’Observatoire, 21.08.19, 448 pages

Paris, 1929. Lee Miller, une jeune américaine, débarque à Paris.
Mannequin, belle comme le jour, elle rêve pourtant de passer derrière l’objectif, animée d’une seule passion, d’une unique obsession : la photographie.
Presque par hasard, Lee attire l’attention de May Ray, illustre photographe gravitant dans le Montparnasse surréaliste de Dalí et sa bande d’extravagants artistes. Mais pour Man Ray, Lee demeure la muse par excellence. Entêtée, la jeune femme réussit le convaincre de lui donner sa chance. Elle deviendra l’assistante, l’élève, puis l’amante du grand photographe. Dans l’intimité de la chambre noire, leur art et, très vite, leurs corps se lient et s’unissent. Mais alors que Lee se révèle une artiste hors pair, Man, jaloux maladif et génie égocentrique, ne peut bientôt plus supporter l’ascension de celle à qui il a tout appris.
Des cabarets du Paris bohème aux champs de bataille d’une Europe déchirée par la Seconde Guerre mondiale, de la découverte de techniques de photographie révolutionnaires à l’immortalisation de la libération des camps de concentration, Lee Miller s’impose comme une artiste absolue, une femme hors du commun.

 

#LKM

    ♥♥♥

 

Paris, fin des Années folles.

Dans un bistrot non loin de son hôtel, la jeune et belle Lee Miller attire l’attention d’un groupe d’amis qui dîne à la table voisine de la sienne. Lee a vingt-deux ans, du rêve plein la tête, et une impertinence qui colle à merveille avec le Montparnasse de l’époque – le quartier est un des hauts lieux culturels de la capitale. Suivant ses compagnons de soirée, Lee fait une rencontre qui changera sa vie.

« Je suis Man Ray », se présente-t-il, « comme s’il était impossible qu’elle n’ait pas entendu parler de lui […]. » Elle en oublie l’appareil photo qui ne la quitte jamais… et fait appel à lui pour essayer de le retrouver. Un lien se tisse entre les deux artistes, celui que déjà on encense, et l’apprentie, prête à tout pour passer derrière l’objectif, et qui ne saurait se cantonner au rôle de muse. Avec son prologue qui nous entraîne en 1966, en Angleterre, L’Âge de la lumière commence par surprendre. On y découvre une Lee Miller bien différente de celle décrite dans le résumé du roman. Quelque chose s’est passé en elle, comme si la flamme s’était muée en ressentiment. Rédactrice pour le célèbre magazine Vogue – elle se « passionne » désormais pour la cuisine et écrit sur l’art de recevoir – Lee se voit plus ou moins forcer la main par sa chef de rendre un article sur sa vie avec Man Ray. Ce sera à une condition : que ses propres photos soient prises pour illustrations.

Voyage dans le temps, à l’aube des années 1930. Une atmosphère de fête, de débauche, où toutes les rencontres semblent possibles, dans les veillées aux airs de bouges qui fleurent l’avant-gardisme. Car ce roman est avant tout une ambiance. Bohème, presque exotique, on y côtoie du beau monde, ceux qui se proclament comme tels et ceux qui veulent en faire partie. Mélancolique aussi, parfois, dans les désillusions que taisent les personnages. Malheureusement, je n’ai pas réussi à me laisser entraîner par Lee Miller. La sensibilité des artistes ne m’a pas « parlé ». Si l’existence de Lee a été mouvementée, éprouvante, ses sentiments et ses ambitions mises à mal, c’est une femme qui m’a paru fermée, entêtée, quelquefois trop égocentrique. Il m’a manqué, en elle, de la chaleur humaine, des coups d’éclat – qui pourtant la rongent au fil des ans.

Lee Miller et Man Ray n’ont que peu de marge d’évolution. Peut-être est-ce leur histoire qui veut ça : prenez n’importe quelle relation torturée entre deux êtres qui vivent chacun dans leur monde, vous y trouverez des similitudes. J’attendais plus de personnalités aussi passionnées, habitées. Plus de panache. D’audace dans la narration. L’Âge de la lumière est empreint de simplicité et d’une certaine élégance, les descriptions sont entraînantes, le contexte social et historique bien retranscrit, mais l’ensemble m’a paru fade. Je me suis contentée de faire partie du décor, sans cette impression – qui m’est chère – d’avoir « connu » les personnages, et je le regrette, car le destin hors norme de Lee Miller aurait pu m’embarquer bien plus loin.

 

 

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