« L’Arménien » Carl PINEAU

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Ce roman fait partie de la sélection « Premier Roman » du Prix des Auteurs Inconnus
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3

 

Nantes, 22 décembre 1989. Le cadavre de Luc Kazian, dit l’Arménien, est retrouvé en forêt de Touffou. Deux balles dans la peau, et partiellement calciné. Assassiné. Mais par qui ?
Et qui était vraiment l’Arménien ?
Un trafiquant de cocaïne notoire, comme le pense l’inspecteur Greg Brandt ?
Un copain de virées avec qui écumer les bars et draguer les filles, comme le voit Bertrand, son premier et peut-être unique ami ?
Un jeune orphelin perturbé, mais à l’esprit vif et éveillé, comme le pense Françoise de Juignain, sa psychiatre depuis 20 ans ?
Rien de tout cela, bien plus encore ?

De la place Graslin au Château des ducs de Bretagne, des ruelles pavées du quartier Bouffay aux bars à hôtesses du quai de la Fosse, des pavillons de Rezé aux immeubles de Bellevue, Carl Pineau fait revivre dans ce thriller noir toute l’ambiance du Nantes des années 80.

 

#LKM

     Coup de ♥

Retrouvé près du corps de ses parents, abattus dans une rue de la capitale arménienne, Luc Kazian est recueilli par sa tante. Peu loquace, parfois maladroit, le gamin préfère laisser le passé là où il est puisque la vie lui a accordé un sursis. Il grandit sans trop d’encombre, à l’abri des livres. Au détour de ses errances dans la ville, il atterrit au salon de coiffure où travaille Bertrand. Rapidement, les deux hommes se lient à la vie à la mort et Bertrand se charge d’introduire son protégé dans le milieu nantais.

1989. Quelques jours avant Noël. Luc gît dans la forêt de Touffou, mutilé et brûlé. Qui pouvait lui en vouloir au point de le massacrer de la sorte ? Bien du monde. De ses premières sorties à son dernier souffle, Luc a connu une ascension sociale fulgurante et s’est fait nombre d’ennemis. Peu à peu, il a gagné les quartiers de la ville pour y revendre sa came en compagnie de son acolyte. Redouté, détesté, adulé, il ne laissait personne indifférent. Les filles étaient à ses pieds, les caïds déjà en place s’associaient avec lui. Mieux valait être du côté de L’Arménien. La piste du règlement de comptes est la plus plausible. Mais l’inspecteur Brandt semble avoir une revanche personnelle à prendre sur les marchands de poudre et ne saurait se satisfaire de l’omerta.

Tour à tour, Bertrand, l’ami de toujours et Françoise, la psy, racontent.

Bertrand, queutard en chef de son état, a le don de s’attirer la guigne. S’il a conscience de ses limites, il s’applique à les dépasser. Il ne peut pas croiser une femme sans lui sortir son grand jeu de séducteur de bas étage. Il épuise les bouteilles de whisky qu’il planque dans l’arrière-boutique au même rythme que son amour-propre. Il avait des rêves, pourtant, des envies de vie de famille, il y a peut-être cru avec Sandrine, mais ça ne lui a pas suffi. Du drôle de duo qu’il formait avec Luc, c’était lui l’agitateur. Il avait voulu se faire instructeur, il s’avérait finalement un piètre élève. Car Luc était raisonné, discret. Généreux, entier et cultivé, il avait su s’attirer le respect que Bertrand n’aurait jamais. De là à faire naître la haine qui pousse à l’irréparable ?

Françoise de Juignain entretenait une relation particulière avec son patient. Elle avait bien tenté de résister à son charme, mais qui l’aurait pu ? Luc savait vous mettre dans sa poche en un regard et quelques mots, et la trop grande empathie de la psy l’a fait déborder de ses fonctions. Elle lui avait tendu la main sans se faire prier, emportée par son désir de protection. Son désir tout court, peut-être. Sa mort laisse un vide immense, beaucoup de questions sans réponses. Ce que l’on dit aujourd’hui du jeune homme ne rend pas justice à celui qu’elle a connu, et elle se fait un devoir moral de défendre sa mémoire. Certes, il était plutôt le genre de gars qu’on évite en temps normal, mais lorsqu’on commence à le connaître…

Comme elle, j’ai eu envie de protéger Luc, mais il était trop tard. Comme Bertrand, j’ai eu envie d’être à ces côtés et de partager cette insouciance d’apparence le temps d’une nuit où rien ne compte. Les Nuits Nantaises, c’est la France des années 80, la France de Mitterrand, la mort de Bob Marley et la chute du mur de Berlin. Le sida a des allures de légende, et on se laisse un mot sur la table si on a oublié de se dire quelque chose. Carl Pineau aborde la décennie avec beaucoup de justesse. Pieds et poings liés, on le suit dans chacune des pérégrinations qu’il a imaginées, car chaque chapitre se clôt d’une telle façon qu’on ne peut qu’entamer le suivant. Difficile de lister toutes les émotions que L’Arménien m’a procurées. Nostalgie, angoisse, sympathie, peine, colère.

Plusieurs fois, j’ai redouté que le pot aux roses ne soit pas à la hauteur de ce que j’espérais, mais Carl Pineau m’a donné bien plus encore. Il aurait pu se contenter d’écrire (très, très bien écrire) un polar original, mais il y a ajouté une histoire d’amitié, d’amour(s) aussi, et des valeurs, beaucoup de valeurs. Un premier roman admirable, qui mérite sa place en tête de toutes les gondoles. J’attends Le Sicilien avec impatience.

 

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7 réflexions sur “« L’Arménien » Carl PINEAU

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